Livret A : ce n’est pas au gouvernement de décider du taux, estime Christian Noyer

Capture d’écran 2015-10-30 à 12.02.29A quelques jours de la fin de son mandat, le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer était interrogé jeudi matin sur la radio Europe 1. Un entretien en forme de bilan, au cours duquel il a appelé une nouvelle fois à réformer le mode de fixation du taux du Livret A.

A propos de ce mode de fixation, Christian Noyer a expliqué qu’il est fondé en partie sur des « raisons économiques, puisqu’on demande au gouverneur de la Banque de France de donner son opinion, d’être un peu le chef d’orchestre de la procédure ». « Mais en réalité la décision finale est inspirée par des considérations politiques et ça, c’est absurde », a regretté le gouverneur. « Le Livret A, c’est un instrument économique, c’est un instrument d’épargne et il devrait suivre les taux d’intérêt de la BCE [Banque centrale européenne, NDLR]. (…) On a donné la politique monétaire à une banque centrale indépendante qui est la BCE avec l’ensemble du système. On devrait faire la même chose pour le Livret A. »

Le changement du taux du Livret A « devrait être entièrement délégué au gouverneur de la Banque de France ou alors totalement indexé sur les taux de la BCE », a répété Christian Noyer, qui quitte son poste le 1er novembre. « Que cela suive la politique monétaire et les gens s’y habitueraient très vite. On saurait que ce n’est pas le gouvernement qui décide, que ce n’est pas sa responsabilité. Quand la BCE monte ses taux ou baisse ses taux, on ne va pas accuser le gouvernement français ou allemand. On considère que ce n’est pas leur responsabilité. »

Dans sa forme actuelle, la formule de calcul du taux du Livret A prend en compte l’évolution de l’indice des prix hors tabac et, le cas échéant, des taux interbancaires Euribor et Eonia. Mais le gouvernement a pris l’habitude de déroger à cette formule pour éviter au taux du Livret A, symbole de l’épargne populaire et de l’effort public en faveur du logement social, de baisser trop rapidement. Néanmoins, il se situe actuellement à un niveau historiquement bas, 0,75% net de fiscalité. Le principal taux directeur de la BCE, de son côté, est fixé à 0,05%, un plus bas historique également.

Source : C Banque, le 30/10/2015